Présentation

Nourris à l’humilité des grands et des vrais, ce n’est donc point à une autre dimension que Loôkoti nous convie dans ce premier projet, mais tout simplement à un commun de ces artistes émérites qui, grâce au fruit de leur travail acharné, fait d’écoute, de tempérance et de rencontres extraordinaires, d’exclusion de toute vanité ou d’ego surdimensionné, logent comme dans une seconde nature à la canopée d’un écosystème musical riche de diversité, aux racines profondément et solidement ancrées dans cette Terre Mère qui a vu l’Humanité faire ses premiers pas.

De branches éparses de ces hautes cimes ensoleillées qui coiffent l’univers des sons merveilleux de toute leur majesté, deux hommes, deux amis, deux frères, Philippe Monange et Carlos Gbaguidi vont en faire le tronc d’un arbre séculaire commun sur lequel tout un chacun pourra poser son oreille et se mettre à l’écoute du monde, et à l’écorce duquel seront portées et gravées les notes indélébiles d’une musique de paix, de joie, de tristesse, de liberté.

Passion chaleureuse entre la puissance des percussions et les envolées jazzy du piano, Loôkoti, en belle promesse de semences du futur, est une fusion dans laquelle de solides fondamentaux musico-traditionnels de tout bord, de tout temps, dans le temps et hors du temps, poussés par nos deux compères à de très hautes températures, coulent en laves incandescentes sur de terres qui n’attendent qu’à être nourries au rythme de mémorables sons.

Philippe Monange et Carlos Gbaguidi se rencontrent lors d’une tournée en 2002 et, ce n’est que dix ans plus tard, après avoir accompagné tant d’artistes de renom, qu’entourés de bons amis, ils se décidèrent à développer un univers qui leur appartienne.

Pour se retrouver à la croisée ou au carrefour de ces dix chemins qui vont inspirer leurs communs univers faits et riches d’expériences grandioses, ils vont suivre leur feeling qui les a ainsi menés vers Ntoumba Minka et Mel Malonga, à la basse, Jean-Richard Codjia aux percussions, Claudio Ngoita, Serge Ananou, Saladin Ferreira, à la guitare, et Louise Laurie Makomell, Kissilà Kay, Marylin Précope, Nsingani Mintsi, Laetitia Mélody portant de leurs belles voix les différents thèmes du projet Loôkoti.

Plusieurs thèmes abordés et plusieurs langues parlées, et loin de toute confusion babélienne, le projet Loôkoti nous enthousiasme par sa diversité car elle nous indique le chemin de l’unité et de la paix.

Tracklisting :

  1. Fifaa : la paix en langue Fon (Benin) chantée en Mina (Togo). Agbé ya ké milédji, Carlos Gbaguidi et Philippe Monange demandent la paix, la vie devant être vécue dans la joie.
  2. Hommage à Fela : Anikulapo Kuti, the Black president, nous a quittés le 02 août 1997, et son parcours d’Homme est un tout indissociable qui aura marqué l’histoire du continent africain,à la fois politicien, intellectuel, musicien, il est une de plus grandes voix de la conscience universelle et un de plus grand rythmicien du groove. L’afro-beat se conjuguera en son nom pour les siècles, Loôkoti lui rend hommage.
  3. Come back people : Oh ! combien d’africains, combien de nos jeunes Qui sont partis joyeux pour des courses lointaines, Dans ce morne horizon se sont évanouis ? Combien ont disparu, dure et triste fortune ? Dans une mer sans fond, par une nuit sans lune, Sous l’aveugle océan à jamais enfoui ? Nul ne sait votre sort, pauvres têtes perdues ! Vous roulez à travers les sombres étendues, Heurtant de vos fronts morts des écueils inconnus Oh ! que de vieux parents qui n’avaient plus qu’un rêve, Sont morts en attendant tous les jours sur la grève Ceux qui ne sont pas revenus ! On demande » Où sont-ils ? Sont-ils rois dans quelque île ? Nous ont-ils délaissés pour un bord plus fertile ? » Victor Hugo (Oceano nox) Lêko wa nonvi (reviens, petit-frère), mobémbo ezali iwa té (voyager n’est en rien mourir)
  4. Natur’elle : Une femme est aussi que belle que Dame-Nature, un être abouti qui n’a nul besoin de s’éclaircir la peau ou de chirurgie de transmutation. Il suffit juste d’arroser la fleur!
  5. Un jour, tu verras! (chantée en langue douala du Cameroun) : When one door is closed, don’t you know, another is open. (Bob Marley) De l’espoir, il y en a toujours quelque part, un jour tu verras que tu viendras à bout, et l’amour renaîtra.
  6. Akouégnon (l’argent, le nerf de la guerre) : Bon maître mais très souvent mauvais serviteur, il ne faudrait pas en faire une obsession. Akouégnon s’ouvre sur un prélude classique signé Philippe Monange pour s’insérer dans un 6/8 sahélo-bantou fait de contretemps rappelant les complaintes des déportés africains d’Elmina voguant la Galère vers les côtes bahianaises.
  7. Joy : Notre pèlerinage ici-bas doit être sous le sceau de la joie et non sous celui de la tristesse ou de perpétuels ressentiments, la joie de vivre de Loôkoti.
  8. Soleil : Louise-Laurie Makomell, de sa sensuelle voix douala, susurre à l’oreille de la batterie clavée de Carlos Gbaguidi les notes de l’orgue gospel entendues sous le soleil sawa, qui les feront se retrouver avec les doigts posés sur les touches d’ébène et d’ivoire de cette membrane liant Philippe Monange aux balafons ewondo. Pour les connaisseurs, la conclusion est bayonnesque! Le soleil brille pour tout le monde.
  9. Love Patience! : Du coup de foudre à la passion, l’amour vrai est une question de patience. Migni wa nou mi dé, aimons-nous les uns les autres. Une dissertation musicale de quelques minutes qui va de choeurs célestes, en passant par la guitare de Claudio Ngoïta, par le style engundélé des mbuza du Congo, une envolée guitaristiquement pianistique de Philippe Monange, en conclusion, les fûts et la grosse caisse de Carlos Gbaguidi. Comme quoi, il faut être patient pour mieux apprécier ce que l’on appelle « LOVE »
  10. Milawoe : Ils ont dit qu’ils allaient le faire, et ils l’ont fait! Telle est la meilleure des conclusions!